On dit d'une chose qu'elle est essentielle lorsqu'elle caractérise un être de manière nécessaire. Une fois ôté, ce qui est essentiel fait disparaître l'objet qu'il constitue. Inversement, un accident peut être ou ne pas être, sans que la définition de la chose à qui échoit cet accident en soit affectée. Par exemple, un carré a par essence quatre côtés égaux, mais il est accidentel qu'il soit tracé à la craie ou au crayon, qu'il soit grand ou petit, qu'il soit vert ou bleu. Cette distinction peut être utile à la problématisation de la question du désir, dans la mesure où nous devons admettre qu'il constitue l'essence de l'homme (cf. Spinoza) tandis que ses manifestations sont accidentelles. Dès lors, on n'abolit pas le désir puisqu'on ne peut se débarrasser de notre essence, en revanche il est possible d'agir sur ses formes accidentelles par la connaissance des causes qui le déterminent.